Économie bleue en Afrique : la Banque mondiale, les ministres africains et les partenaires au développement appellent à des investissements durables et intelligents face au climat

Balaclava, MAURICE, le 6 septembre 2016— Les ministres africains de plusieurs pays côtiers et de petits États insulaires en développement, la Banque mondiale et des partenaires au développement se sont rencontrés à Maurice les 1er et 2 septembre lors de la Conférence ministérielle africaine sur les économies bleues et le changement climatique, pour débattre de la construction d’une économie bleue, durable et intelligente face aux enjeux climatiques en Afrique.

Dans un communiqué final intitulé « Communiqué de Maurice », les participants à la conférence ont exposé leur vision commune d’une Afrique prospère, résiliente et inclusive, et ont noté le rôle prépondérant du continent dans la quête d’une économie bleue et intelligente face au climat.

« Le Communiqué de Maurice lance un appel fort à agir pour le climat afin de préserver les océans et les côtes africaines », a déclaré Jamal Saghir, conseiller régional senior à la Banque mondiale et coprésident de la conférence.« La Banque mondiale, avec la Banque africaine de développement et la FAO, préparera une série de mesures d’appui financier et technique pour aider les pays africains à développer une économie durable axée sur les océans. »

Jamal Saghir a ajouté que ce projet d’aide qui devrait atteindre 670 millions de dollars et sera financé à part égale par l’IDA (le fonds de la Banque mondiale destiné aux pays les plus pauvres) et le Fonds vert pour le climat ainsi que par d’autres sources, sera soumis aux pays africains pour examen.

Les gouvernements, les entreprises privées, les organisations du développement et d’autres institutions financières se sont engagées dans le « Communiqué de Maurice » à développer les économies bleues et côtières, et, à piloter des évaluations d’impact environnemental appropriées en intégrant une clause de durabilité et de transparence dans tous leurs programmes d’investissement. Ce communiqué établit un lien entre le développement d’une économie bleue et l’action pour le climat. Nous invitons les pays à soumettre des propositions de programmes au Fonds vert pour le climat et à réexaminer leurs contributions nationales pour tenir compte des problématiques océaniques et côtières.

Maurice, petit État insulaire, mais grand État océanique, a fourni un cadre exceptionnel pour la conférence. « Maurice est fier d’avoir fait preuve de leadership en organisant cette importante conférence – la première en Afrique et dans le monde. Cette conférence aide l’Afrique à parler d’une même voix sur l’économie bleue et sur le changement climatique, deux problématiques essentielles au futur du continent », explique Xavier Luc Duval, vice-premier ministre de Maurice. « Le secteur privé a pleinement participé et de nombreuses opportunités d’investissement ont été examinées. »

Comme d’autres pays insulaires, Maurice a perdu 11 % de son littoral en raison d’une importante érosion, et la barrière de corail se réduit. Le pays a adopté des mesures pour y remédier, notamment l’interdiction de l’extraction de sable. La Conférence ministérielle africaine sur l’économie bleue lui a permis de partager son expérience, de débattre des meilleures pratiques avec les autres pays et d’en tirer des enseignements pour le futur.

La croissance démographique sur le littoral, la surpêche et la dégradation de la biodiversité des écosystèmes marins et côtiers sont autant de sujets qui préoccupent les gouvernements africains. Tous ces problèmes dégradent les côtes et les océans, réduisent les sources de subsistance pour les populations et aggravent la pauvreté. Cinq cent mille personnes sont touchées chaque année par les inondations côtières en Afrique de l’Ouest. Au Togo, par exemple, le coût de l’érosion et de la dégradation côtière, et le déclin des opportunités économiques qui en résulte représentaient environ 3 % de son PIB, soit 296 millions de dollars, en 2013.

« Le Togo accueillera un sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la sûreté et la sécurité maritime et sur le développement en octobre prochain », a annoncé André Johnson, ministre de l’Environnement du Togo. « Le Communiqué de Maurice apporte une importante contribution au sommet, et le gouvernement togolais plaidera en faveur des économies bleues intelligentes face au climat.»

source:
http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2016/09/06/africas-ocean-economy-ministers-world-bank-and-partners-call-for-action-oriented-sustainable-climate-smart-investment